Page 16 - Claire-de-Chavagnac-Brugnon
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CLAIRE de CHAVAGNAC-BRUGNON, 2017-2018 L’art à la lumière de l’être
Depuis la Bretagne où elle revient sans cesse, Claire de Chavagnac part en voyage à travers le monde.
Les lignes qu’elle trace par ses déplacements s’entremêlent et tissent des filets qui accrochent la lumière des paysages traversés.
Cette lumière changeante au gré des situations provoque des impressions que Claire transpose sur la toile en d’infinies variations de lignes et de couleurs.
Rythmes
Les rythmes qui s’en dégagent donnent le tempo : celui des déplacements du corps dans l’espace, des gestes de la main qui se met au travail, des mouvements du regard qui les accompagnent, scrutant l’infini de l’horizon, se laissant pénétrer par l’immensité d’un espace qui se met à vibrer au diapason du cœur, dont les pulsations traduisent l’élan vital, une impulsion primaire, première, primordiale.
Entre l’éclat de la couleur rouge qui nous saute au visage et qui revient de loin (voyage en Australie), et les bleus des étendues de paysages qui se perdent dans le lointain et se fondent dans la lumière humide de Bretagne, Claire nous invite au voyage, à un va et vient incessant entre l’ici et l’ailleurs qui se combinent au présent à l’aide de lignes qui structurent sa toile : horizons-horizontales, entrecoupées de verticales (déserts australiens) qui forment une grille, une trame, qui se résorbe parfois pour laisser s’échapper des gestes spontanés où s’exprime la matière.
Claire procède par superpositions de couches de peintures qui sont autant de strates de temps sur lesquelles elle revient sans cesse en grattant, en peignant, en découvrant des réserves, faisant remonter les souvenirs à la surface de la toile qu’elle traite en épaisseur, par d’infimes interstices de lumière, de couleur, de matière.
Elle construit méthodiquement une mémoire de l’image qui remonte à un en-deçà de ses propres souvenirs.
Ses toiles s’organisent en séries qui sont autant de séquences que l’on retrouve à l’intérieur même de celles-ci.
Séquences de ciels découpés sur une même toile ou successions d’images qui s’enchainent le temps de leur exécution comme de leur considération, traduisant sa durée, sa permanence, sa prégnance, que soulignent ces moments de rupture: interstices, brèches de temps qui donnent corps à l’image et la mettent en mouvement.























































































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