Page 19 - Claire-de-Chavagnac-Brugnon
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 « C’est pourquoi tant de peintres ont dit que les choses les regardent, et André Marchand après Paul Klee : « (...) Je crois que le peintre doit être transpercé par l’univers et non vouloir le transpercer... J’attends d’être intérieurement submergé, enseveli. Je peins peut-être pour surgir. » »8
Les compositions calmes de ses paysages bretons, « où ne prédomine aucune verticale (comme lorsqu’on nage ou plane.) »9, forment le support visuel de l’évidance 10: « pan fascinant et insituable, comme évènement organique de la couleur. »11
En nul lieu assignable, ces pans de couleurs flottent dans une région indéterminée dans laquelle se rejoue l’avènement de la genèse de l’œuvre en train de se faire.
« Plus loin plonge son regard et plus son horizon s’élargit du présent au passé. Et plus s’imprime en lui, au lieu d’une image finie de la nature, celle – la seule qui importe – de la création comme genèse. »12
8 Maurice Merleau-Ponty cite G. Charbonnier, Le Monologue du peintre, Paris, 1959, p.34, in Maurice MerleauPonty, L’ œil et l’esprit, Op. Cit., p.31.
9 Paul Klee, Op. Cit., p.27.
10 « Un lieu vide, mais dont le vide aurait été converti en marque d’une présence passée ou imminente. Un lieu porteur d’évidence, donc, ou d’évidance, comme on voudra. (...) Quelque chose que tenterait à sa façon, toute visualité monochrome : se donner, comme l’évidence apparaissante de la couleur de l’« évidance ». », Georges Didi-Huberman, Op. Cit., p. 20. .
11 Georges Didi-Huberman, Id., p.19. 12 Paul Klee, Op. Cit., p.28.
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